Vocabulaire et techniques cinématographiques

Dans ce nouveau sujet je vais passer en revue les techniques cinématographiques les plus importantes en essayant de les rendre faciles d’accès pour les non spécialistes tout en apportant mes connaissances personnelles en la matière. Chacun sera libre de répondre pour apporter des éléments supplémentaires, pour poser des questions ou emettre des objections. Je développerai chaque thème dans des posts différents avec à chaque fois le titre en gras pour un repérage facile.

Le flash-back

Cette technique de plus en plus utilisée permet de faire des sauts dans le temps, en avant (prolepses) ou en arrière (analepses).
La transition avec ces passages se fait au moyen de fondus (blancs, noirs ou enchainés) ou par des cut. Le raccords de son (musique, voix ou bruit qui se prolonge d’une scène à l’autre), d’image (personnage, lieu ou objet que l’on identifie dans les deux scènes) ou encore de mouvement (même geste ou même mouvement de caméra dans une scène et dans l’autre) nous permettent de comprendre que l’on a fait un saut dans le temps.

Le flash-back est souvent associé à une voix off narrative qui raconte un moment du passé dont l’incidence sur le présent est capitale.

Dans Furie*, Fritz Lang utilise le falsh-back pour disculper les accusés dans un procés. Il ne vise pas la vraisemblance et les images qu’il nous offre sont fausses puisque basées sur les faux témoignages des accusés aussitôt confondus dans les scènes qui suivent.

Le flash-back est également un moyen pour construire un suspens et brouiller les pistes. Des réalisateurs comme Quentin Tarantino, Gus Van Sant, Wong Kar Wai, Spike Lee, Takeshi Kitano, Carlos Saura, Lars Von Trier, Alejandro Gonzalez Inarritu… en sont des exemples parfaits de cette déchronologie** permanente.

On trouve également les films contruits entièrement sur le flash-back, c’est-à-dire qui commencent par la fin. C’est le cas de Titanic***, Muertos de risa****, Citizen Kane*****, La couleur du mensonge******…

Le propre des films "qui commencent par la fin" est qu’ils obligent le spectateur à ne plus se poser la question infantile par excellence "et après?" mais celle plus adulte du "comment?".*******

*Fritz Lang, 1936.
**On considère comme déchronologique tout récit fragmenté et monté dans le désordre, ne respectant pas la chronologie temporelle réelle.
***James Cameron, 1998.
****Alex de la Iglesia, 1999.
*****Orson Welles, 1941.
******Robert Benton, 2002.
*******Yannick Mouren, Le flash-back, Lassay-les-Câteaux, Armand Colin, 2005, p. 81.

11 Responses to “Vocabulaire et techniques cinématographiques

  • Quelle Belle inititative!!! j’essaierai de t’aider un peu…histoire de parler technique pure aussi!

  • Comme dit Cocote, belle initiative mais franchement bien rédigé et avec plein d’exemple. C’est très cool et limite c’est le genre de post que je verais bien en article non?

  • Je n’ai pas précisé que c’était bien écrit parce que c’est Dad! 😉

    et pour l’article, j’allais le dire!!!! (mais j’ai pas osé parce que ça allait faire faux derch’)

  • Je rajouterai comme exemple pour le flash-back un autre film d’Alex de la Iglesia autre que MUERTOS DE RISA que tu as déjà cité Dad, j’ai nommé EL CRIMEN FERPECTO (connu chez nous sous LE CRIME FARPAIT)
    En effet le film commence par une scène où le blanc domine et l’on a l’impression d’être comme dans un rêve. On comprend à la fin de cette introduction que le personnage de cette scene a bien connu notre protagoniste RAFA qui va faire son apparition dans la scene d’apres.
    Ici l’effet de flash-back, ou plutot l’inverse: l’effet de la scene premiere qui se situe dans un temps indeterminé apres l’histoire qui va être racontée, nous permet d’avoir une sensation de compassion et d’attachement envers le futur protagoniste.
    Cette scène provoque avec du recul le sourire, car on va se rendre compte dès le début que notre protagoniste ne va pas être attachant comme le prévoit l’homme de la scène blanche mais un véritable salaud.

    image

  • Moi je peux vous la jouer plouc genre "ha ouai le flash back, c’est ce qu’il y a dans Lost????"

    Sinon, Cocote, et si tu nous parlais de la Nouma (ou je sais plus quoi mais tu vois ce que je veux dire hein???)

  • Une LOUMA Mushu!!! une LOUMA!!!

    Une louma pour faire simple, c’est une caméra au bout d’un bras articulé!qui permet de faire des mouvements très aériens, très variés!

    pour un peu d’histoire, la louma a été inventé par deux français il y a plus de 30 ans! Ces français s’appelaient LavaLOU et MAsseron….je vous vois venir..ben voui..louma vient de là! ils ont eu l’oscar technique en 2005!!! Il était temps!!

    Allez, un peu de technique…l’opérateur controle le cadre de la caméra par un moniteur au pied de la louma! il est aidé par un dispositif d’aide au cadre unique à la louma et par la super qualité de l’invention, l’inertie unique : elle est equilibré dans tous les axes (grace ou contrepoids!) donc l’opérateur n’a pas besoin de garder constament les mains sur les moulinettes! (qui servent à bouger le tout!)
    Le bras rigide peut mesurer de 90cm à pres de 10 m! et l’ampleur du mouvement peut aller jusqu’a 8 metres…et parfois il suffit de la surelever par rapport à la scene…pour encore plus d’effet! Donc voilà, tous ces superbes qualités réunit on obtient des super plans de ouf!

    Voilà voilà…vous etes content?? et moins con? hihihi

    Pour l’anecdote, Mushu fait allusion à la Louma parce que j’ai perdu au pictionnary a cause de ça! les questions vertes sont SN…et je pensais que ça signifiait "Sciences Naturelles" donc bio quoi! Donc qd on me pose la question "qu’est-ce qu’une Louma?" je dis, ben a part une caméra au bout d’un bras…je sais pas… et donc j’ai pas donné de réponse…et ben c’était CA la réponse!!!! parce que SN c’est "Sciences ET Nature"!!!!!!!GGrrrrrrr j’ai horreur de perdre!!!!

  • Haaaa le trivial, tout un art… Merci pour la Louma, je ne connaissais pas du tout, ce soir je dormirai moins con!

    J’ai acheté hier le Burger Quizz, j’ai enfin réussi a le trouver, trop bien! Faudra qu’on se fasse une partie!

  • :%s/pictionnary/Trivial poursuite

    ps : Je vous expliquerai dans le vocabulaire du geek bientôt!!!

  • Ha j’en ai un de Burger Quizz!!Très très drôle! On poura en faire lors de votre petite virée parisienne….!!

  • Sujet des plus intéressants ce post!! Bien que n’étant absolument pas spécialiste je vais participer donc n’hésitez pas à me corriger 😉

    Je vais vous parler de la Snorycam.
    Il s’agit d’une caméra que l’on fixe au corps de l’acteur, celui-ci se trouve donc au milieu du cadre et c’est tout l’arrière plan qui bouge. C’est un procédé inventé par deux photographes islandais, les frères Snory, adapté pour le cinéma.

    On parle alors de caméra subjective. Les plans subjectifs sont des plans filmés selon le point de vu du personnage. Le procédé est très souvent employé dans les films ou encore les séries. Et particulièrement dans ses dernières, lorqu’un épisode est centré sur un personnage particulier où, toute ou partie de l’action nous est montrée à travers son regard. Autre exemple les films d’horreur, pour accentué l’angoisse du spectateur.

    Avec la snorycam on parle de caméra subjective, malgré le fait que l’acteur soit présent dans le cadre (ce qui peut paraître paradoxal!!) parce que cet effet de la caméra accentue les émotions du personnage.

    Un exemple: La scène où Sara Goldfarb perd pieds dans Requiem for a dream de Darren Aronofsky (2001). A force de consommation de pilules multicolores, la psychose s’installe et Sara Goldfarb est en proie à une terreur intense, croyant être menacée par son réfrigérateur. Cette scène filmé à l’aide d’une snorycam accentue la paranoïa et la détresse du personnage, outre le jeu formidable d’Ellen Burstyn.L’effet final est assez troublant et nous permet à nous spectateur d’être pris comme témoin de cette descente aux enfers qui se poursuit.

  • merci kinder!!!!!

    je ne connaissais absoluement pas ben je me sens moins conne!

Commentaires