Nous avons les films que nous méritons.

Qu’est-ce qu’on aura pu lire sur „The hobbit: an unexpected journey“! Tout et n’importe quoi, mais pas que.

C’est l’aspect technique qui a subit le plus les foudres du blogueur lambda et du « critique », dont la prose est au journalisme ce que le papier tue mouche est à la déco. En effet, Peter Jackson avait choisi de faire bénéficier à son film du fin du fin de la technologie cinématographique: 48 images par seconde au lieu des 24 habituels, et en 3D HD, s’il vous plaît. Autrement dit Peter Jackson voulait en mettre plein la vue.

Quand j’ai vu les premiers articles sur le net commentant la sortie du film, je dois vous dire que j’ai été choqué. Je croyais lire des articles du XIXeme siècle prévenant les braves citoyens que le train allait les tuer par suffocation à cause de la vitesse.

Le frame rate : je peux pas voir toutes les images.

Je ne reviendrais pas sur l’absurdité du traitement de cette „information“ par les journalistes, toute personne un peu curieuse à propos des phénomènes optique saura que nous sommes soumis à des fréquences d’éclairage bien plus élevé et ceux quotidiennement: qui n’a pas observé le fameux effet wagon-wheel effect. Une simple toupie présentant des rayures, permettra de mettre en évidence que votre éclairage domestique est un magnifique stroboscope réglé à 50HZ. Personne ne s’est encore plaint de nausées devant son miroir de salle de bain à cause de la 3D HD à 50Hz (ou alors si mais pour d’autres raisons) : Allez une petite citation tirée du Guardian:

« Mes yeux n’ont pas pu tout absorber, ça donne le vertige. Maintenant, j’ai la migraine. »

Notez ici que je m’abstiens de colporter toutes les absurdités que j’ai pu lire, inutile de répandre la parole des imbéciles. Et dois-je enfoncer la porte que j’ai ouverte  en mentionnant les jeux vidéo à 60 fps?

Maintenant que j’ai pourfendu cette ineptie, tel un Don Quichote de la Mancha, passons au second point:

La HD: c’est trop réaliste.

Encore une fois, j’ai pu lire ici et là que la HD est trop réaliste, que les costumes redeviennent des costumes, les décors ne sont plus que des décors. Bref, on y croit plus, on ne rentre plus dans l’histoire, la faute à la HD.

Est-ce que c’est le premier film en HD? Aussi loin que vont mes connaissances, non, voir skyfall par exemple.  Par contre je dois avouer que toute la première partie du Hobbit faisait vraiment tout propret tout gentillet avec un Bilbo avec du gel dans les cheveux pour faire un petit décoiffé négligé et un Frodo avec un petit smokey fumée pour faire Emo. Alors la faute à la HD? La faute au frame rate? Pourtant on parle bien de maquillage ici, non? Alors pourquoi aller chercher midi à quatorze heure?  Avec un maquillage inadapté et le cadrage et l’éclairage qui ne contribue pas à créer l’ambiance et bien on se retrouve devant « une production de la BBC exceptionnellement chère, imaginative et pleine de stars, du genre de celles que l’on voit le jour de Noël. », toujours pour citer The Guardian, qui voit juste mais attribue les effets aux mauvaises causes.

Si le maquillage n’est pas crédible, le premier réflexe devrait être de questionner les choix qui ont été fait dans ce domaine. De même,  le cadrage, avec une caméra à hauteur de hobbit et un monde à leur échelle, qui est aussi la nôtre, nous fait oublier qu’ils sont tout petits.  Vous me suivez? Du coup, en effet, on voit deux grandes personnes en pantacourt jouant la petite maison dans la prairie dans un trou dans la colline. C’est long, on s’ennuie, vivement que la poussière du voyage remplace le fond de teint.

affiche_bilbo_le_hobbit

Et enfin les critiques qui font mouche:

Et oui, c’est long, pas équilibré et on sort déçu. On s’accroche aux quelques morceaux de bravoure que nous a proposé le film mais la magie n’y est pas. Peter Jackson a trop tiré sur la corde. Chaque scène s’étire indéfiniment, que ce soit un repas, un dialogue ou un combat. Même dans la montagne où pourtant on jubile déjà, on finit par se lasser de ces montagnes russes minières et des passes d’arme improbables.

Si le seigneur des anneaux est une œuvre magistrale, ce qui fait l’essence du Hobbit a été négligé, ou vendu. J’allais voir le Hobbit pour être enchanté, j’en suis ressorti dupé. Non pas par la technique qui est bluffante, mais bien par la mise en scène et le scénario. Exactement le même défaut que Prometheus en fait. Il semblerait qu’un bon scénario avec une mise en scène qui porterait la narration soit secondaire. La priorité est semble-t-il de nous montrer des combats de montagnes qui bougent réaliste et tout…

On a les films que l’on mérite…

3 Responses to “Nous avons les films que nous méritons.

  • Encore une fois, désolé pour le délais de validation, je n’avais pas vu ton billet. Je me suis permis d’ajouter une image également pour correspondre au thème magazine du site.

    Malheureusement je n’ai pas eu le temps d’aller voir le Hobbit, j’ai pu voir comme toi différentes critiques, à la fois sur le film comme sur cette nouvelle technique à 48img/s. Je ne peux donc juger ce film et son scénario ni le rendu que peut avoir une telle technique.

    Néanmoins, je suis totalement convaincu par la HD, on se prépare même à la résolution 4K (à vrai dire, pourquoi pas, sur nos écrans de plus en plus grand), ça apporte beaucoup de détail et de finesse. Mais attention! Uniquement sur les films tournés directement dans ce format, pas pour les films numérisés où là je trouve personnellement que c’est juste du marketing pour nous pousser à acheter. Là où j’apprécie le plus la HD, c’est pour les films d’animations, c’est juste sublime.

    Pour ce qui est de la 3D, j’ai vu une bonne dizaine de films au cinéma dans ce format, sans compter les expériences au Futuroscope ou dans des « géodes » ou via des consoles type 3DS… La 3D c’est pas mal, il y a beaucoup de techniques différentes (passive, active, 3D autostéréoscopique etc). Je dois dire que l’expérience avec des lunettes m’a très rarement convaincu justement, je porte dans la vie courante des lunettes, niveau reflet c’est pas le top, et au niveau luminosité ont perds beaucoup avec les verres polarisés. Il y a très peu de film au final où j’ai trouvé que la 3D m’apportait quelque chose de plus, par exemple « Rio ». Le reste du temps j’ai trouvé ça inutile et pire, que ça dégradait la finesse du film. Dernier exemple en date pour Shrek 4 que je n’ai pas aimé au cinéma en 3D et au final qui ne m’a pas paru si mauvais chez moi en HD simple.

    A vrai dire je suis curieux de tester cette techno à 48img/s, en même temps ça correspond plus à ce que l’on voit pour un film avec 24img/s pour chaque œil. Peut être que cette fois-ci l’expérience sera meilleure. Après comme tu l’a dis, si la réalisation et surtout le scénario ne suivent pas, ça ne sert absolument à rien et on se retrouve juste avec une démonstration technique!

  • Techniquement le film est superbe, mais pour ce qui est du film en lui même (autrement dit, la mise en scène) pour moi c’est vraiment tombé à plat. J’espère avoir des retours d’autres qui ont pu voir une projection HFR. J’ai lu aussi à propos de 24 images/s pour chaque oeil, mais je ne suis pas sûr de l’exactitude: une projection en 3D polarisé nécessitant deux projecteurs , je doute que chaque oeil ne voit que 12 image/sec. Ceci dit ce je n’ai pas creusé la question…

  • Merci pour l’illustration 😉

Commentaires