Liberté et Internet

By Lane Hartwell, CC-BY-SA-3.0 (www.creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0), via Wikimedia Commons

Deux entités emplies de sens à la base,  de cohérence et formant une parfaite symbiose. Plus pour longtemps?

Le Net existant maintenant de manière « vraiment répandu » depuis une bonne grosse dizaine d’années. Il a jusqu’à présent réussi à trouver ses marques et a vivre de manière assez cohérente en s’auto-administrant: sans règle, sans loi, avec un libre arbitre juste et équitable. Tout le principe d’Internet étant le partage d’information, ce rôle, qu’il joue d’ailleurs à merveille depuis ces débuts et qu’il continue de jouer de manière exponentielle. Ce n’est pas un monde de bisounours mais bien une réalité, Internet existe et se maintient par le bon sens de chacun.  Bien sur certains sont tentés de déborder, de casser ce système pour des raisons pécuniaires, je ne m’étendrais pas sur ce thème où l’on retrouve des sociétés d’envoi de pourriel (SPAM), les black Hats, c’est à dire des hackers utilisant Internet comme un terrain de jeu pour faire de l’argent en revendant des informations trouvées un peu partout par exemple, etc, ce n’est pas le sujet du billet.

Beaucoup plus grave, ce sont les dirigeants politiques et de grandes sociétés en rapport avec Internet qui tentent par tous les moyens de prendre quelque chose qu’ils ne maîtrisent pas forcement. Pour les politiques répressionnaires , c’est un endroit où les personnes ont le droit de tout faire, de tout casser et surtout de monter contre eux une énorme opposition, rapidement et de manière incontrôlable. Ces « têtes pensantes » ont raison sur un point, c’est la libre pensée et la libre expression que procure Internet. Certains pays ont bien sur bien senti cette menace et procède a des censures ou coupure réseau partielle, surveillée ou totale: la Chine, la Corée du Nord, beaucoup de pays du moyen Orient  etc. Avec une censure partielle ou totale de la libre pensé, on obtient forcement le contrôle d’un peuple, devenu mal informé  et donc docile et enclin à suivre le bon vouloir des dirigeants sans se douter d’une quelconque répression.

On observe donc ce genre de pratiques dans des dictatures, des pays émergents ou avec des gouvernements répressionnaires. Internet a permis de faire le « Buzz »- c’est à dire faire circuler l’information très rapidement sur Internet afin d’informer un maximum de personnes – lors des récentes révoltes dans les pays d’Afrique du nord, Internet a pu jouer un rôle énorme et a servit de levier a ces révolutions.

Internet, personne n’en doute, c’est une source d’information énorme. Les gouvernements, y compris des pays développés sont en train de vouloir mettre la main sur cette liberté d’expression et d’information. A part quelques irréductibles au sein des gouvernements, ils sont massivement plus nombreux à vouloir castrer Internet de sa liberté, privilégiant les sociétés et les relations politiques avec les grands patrons que la liberté et l’échange. On l’a vu en France avec la loi DADVSI, les multiples amendements pour pouvoir interdire un site web sous prétexte qu’il est dangereux, sans même l’accord d’un juge (sic) ou encore la magnifique loi HADOPI qui a été ardemment défendue par le gouvernement actuel, quitte à se mettre beaucoup de personnes à dos, afin de défendre les capitaux des Majors comme Universal, Sony BMG et consorts. Privilégiant la répression de type « radar »: vous vous faites flasher, vous êtes averti, une fois, deux fois, et on vous coupe Internet si vous téléchargez une œuvre de manière « illégale ». On a pour la plupart déjà entendu parler de cette loi, j’en ai

Par Shayan Sanyal (Flickr), CC-BY-2.0 (www.creativecommons.org/licenses/by/2.0), via Wikimedia Commons

parlé plusieurs fois ici d’ailleurs, le système de répression est maintenant en place, même si les rebondissements sont nombreux, je vous invites à lire les articles du journaliste Marc Rees qui fait un travail remarquable sur le droit et Internet chez PCiNpact. Il est bien dommage de dépenser un maximum dans la répression au lieu de résoudre de problème de manière intelligente, de discuter avec les Majors des alternatives et de surtout rémunérer comme il se doit les artistes dans leur totalité et non pas engraisser une poignée et ne pas permettre de faire vivre des artistes méritant et justifiée de part leurs créations. Mais ceci est un autre sujet bien trop long pour être discuté ici.

Dernières répressions en date, venant des Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) et des Majors. La première est la volonté de mettre un Internet à deux vitesses, ceux avec un contenu normal qui serait plus cher d’accès que jusqu’alors, avec l’accès à la culture, aux vidéos comme sur DailyMotion , aux musiques etc, et un autre Internet avec seulement l’accès qui ne coûte pas cher au FAI…

Donc en gros: pour pouvoir profiter d’Internet comme vous le faisiez avant, il va falloir payer plus pour un service déjà existant et pérenne.  Superbe idée d’appliquer la même fragmentation que sur les mobiles sur un produit Internet qui est pourtant l’un des meilleurs mondiaux (ne sommes nous pas le pays de la liberté?).

L’autre répression qui fait grand bruit en ce moment, c’est celle du streaming légal de type Spotify ou Deezer, les Majors sont en train de les faire plier au lieu de les aider et de développer un business model viable. Les gens n’achètent plus de suport physique, c’est un fait, les CD et les DVD/BR dans une moindre mesure sont en perte de vitesse, les gens lui préférant le côté dématérialisé des fichiers numériques beaucoup plus pratique que les CD (avez-vous croisé récemment quelqu’un avec un Disc-Man dans la rue? ). Des voix se sont égosillées pour proposer des solutions, dont la licence globale, mais ce n’est pas du goût des Majors qui vivent encore sur le modèle du matériel au lieu de privilégier des solutions d’évolution et non pas de régression comme ils le ressentent. Deezer vient justement d’être obligé de réduire l’écoute gratuite, à la base financée par la pub, à 5h d’écoute par mois… Ce qui est, avouons le, juste ridicule pour un amateur de musique, et encore, Pascal Nègre, le patron d’Universal veut aller encore plus loin en limitant encore plus le système à 5 écoutes par morceau maximum en écoute gratuite. Grosse marche arrière donc dans l’univers,qui commençait à se créer, au niveau de la musique. Deezer suant bec et ongles pour défendre les avantages de son système et ses utilisateurs, les Majors ayant tous les droits à la manière d’une oligarchie: pas facile de négocier dans ces conditions là. La seule solution envisagée ici par les Majors serait donc de passer par du téléchargement de fichier sur des plate-formes dédiées à l’unité ou bien de payer un abonnement à des services de streaming (j’en possède un pour Deezer, donc je ne suis pas concerné par cette limitation, par ces idées saugrenues, par contre, oui!). Donc résumons… Ce que nous propose les Majors est donc…. une sorte de licence globale pour la musique ! (sic)

Le Net qu’on a pu connaître durant toutes ces années et peu à peu en train de s’effacer et de plier face au monde de l’industrialisation. Il ne faut pas être défaitiste, je suis persuadé que l’on pourra maintenir et faire évoluer au contraire nos libertés. En protestant, en agissant de manière réfléchie (aller à des concerts, dans des salles de ciné, en privilégiant l’information de qualité ) les choses peuvent changer. La Quadrature du Net s’est très souvent opposée à ces lois liberticides, ils ne sont pourtant pas nombreux, mais réussissent à entraver ces lois, à médiatiser des faits que nous ne verrions pas forcement et permettent de défendre nos libertés sur Internet. Je ne pourrais que trop vous conseiller de les soutenir.

Nous avons encore beaucoup de libertés comparé à d’autres pays, profitons en et exprimons nous, Internet n’est pas (encore?) trop censuré, profitons-en !

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